SPF, DKIM, DMARC : protéger sa messagerie, expliqué simplement

Huit protections empêchent qu'on envoie des e-mails en votre nom ou qu'on lise ceux qui vous sont destinés. Voici comment elles fonctionnent, illustrées sur mon propre domaine.

Par Fabrice Hallé, publié le 21 octobre 2026

Sans protection, n'importe qui peut envoyer un e-mail en se faisant passer pour votre entreprise. Votre client reçoit alors un « changement de RIB » qui semble venir de votre adresse habituelle, il paie, et c'est votre nom qui est en cause.

Des protections existent, gratuites pour la plupart. Leurs noms (SPF, DKIM, DMARC, MTA-STS, DNSSEC, CAA…) découragent souvent avant même de commencer. Cet article les explique sans jargon, avec une image simple pour chacune, puis montre à quoi elles ressemblent concrètement sur fhconsulting.fr.

Les explications se lisent d'une traite ; les détails techniques sont rangés dans des encarts « Le détail technique », à déplier si vous êtes curieux.

Plan illustré du quartier du courrier sécurisé : en haut, l'annuaire public certifié (DNS et DNSSEC), les serruriers agréés (CAA) et le cadenas du registrar ; en bas, le trajet d'une lettre de la société Dupont qui la scelle (DKIM), la poste par un bureau autorisé (SPF), la confie à un camion blindé (MTA-STS), parfois à un concierge qui fait suivre (SRS, ARC), jusqu'au guichet du destinataire qui applique la consigne (DMARC) et refuse une lettre usurpée. Les rapports reviennent vers Dupont.
Les huit protections réunies sur un même plan. Cliquez pour agrandir.
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L'e-mail est une carte postale

Quand l'e-mail a été inventé, au début des années 1980, Internet reliait quelques universités qui se faisaient confiance. Personne n'a prévu de vérifier qui envoie quoi.

Un e-mail fonctionne donc comme une carte postale : on peut écrire « Expéditeur : votre banque » au dos, la poster, et elle sera distribuée. C'est exactement ce qu'exploitent l'hameçonnage, la fraude au président et la fraude au faux RIB.

Toutes les protections présentées ici ont été ajoutées après coup. Elles ne changent pas l'e-mail : elles lui ajoutent des vérifications. Pour les illustrer, suivons une entreprise imaginaire, la société Dupont.

Le DNS, l'annuaire sur lequel tout repose

Toutes ces protections sont des consignes publiées dans un annuaire public mondial, le DNS. Chaque nom de domaine y possède une fiche : on y indique où se trouve le site web, quel serveur reçoit les mails, et les consignes de sécurité.

Seul le propriétaire du domaine peut modifier sa fiche, mais tout le monde peut la lire. Quand un serveur reçoit un message, il consulte la fiche de l'expéditeur pour vérifier que le message respecte ces consignes.

Deux conséquences en découlent : ces protections sont gratuites et universelles, puisqu'il suffit de publier les bonnes lignes ; et la sécurité de la fiche elle-même est fondamentale, puisque celui qui la modifie contrôle toutes les protections. Nous y reviendrons.

Le détail techniquelire la fiche d'un domaine soi-même

N'importe qui peut consulter ces consignes, depuis un simple terminal Windows. Voici la consigne DMARC de fhconsulting.fr :

PowerShell · lecture de la consigne DMARC de fhconsulting.fr
PS C:\> nslookup -type=TXT _dmarc.fhconsulting.fr

_dmarc.fhconsulting.fr   text =
        "v=DMARC1; p=reject; sp=reject; np=reject; psd=n; rua=mailto:dmarc-reports@fhconsulting.fr"

SPF : la liste des bureaux de poste autorisés

La société Dupont affiche publiquement : « Notre courrier ne part que de ces bureaux de poste. » Quand une lettre arrive en disant venir de Dupont, le destinataire regarde de quel bureau elle est partie. S'il n'est pas sur la liste, c'est suspect.

Les « bureaux de poste » sont les serveurs qui envoient vos mails : votre messagerie (Google Workspace, Microsoft 365…), mais aussi votre outil de facturation, votre logiciel de newsletter ou votre site web.

Ses limites. SPF vérifie une adresse technique, invisible dans votre boîte mail, et non le nom d'expéditeur affiché. Un fraudeur peut donc poster depuis son propre bureau, parfaitement en règle, tout en signant « Dupont ». Et quand un message est réexpédié par un intermédiaire, il repart d'un autre bureau : la vérification échoue alors que le message est légitime.

Le détail techniquel'enregistrement SPF de fhconsulting.fr
Enregistrement TXT · fhconsulting.fr
v=spf1 include:_spf.google.com -all
  • v=spf1 : « ceci est une liste SPF » ;
  • include:_spf.google.com : « mes mails partent des serveurs de Google Workspace » ;
  • -all : « tout autre serveur n'est pas autorisé ».

~all ou -all ? Le premier dit « probablement non autorisé, soyez indulgent », le second « non autorisé ». Sans DMARC, préférez -all. Avec un DMARC en refus et une signature DKIM en place, ~all est souvent recommandé : certains serveurs rejettent un échec SPF avant même de regarder DKIM, ce qui peut faire perdre un message transféré pourtant légitime. Les deux réglages restent défendables.

DKIM : le sceau de cire

La société Dupont appose sur chaque lettre un sceau que personne d'autre ne peut reproduire, et publie le modèle de ce sceau dans l'annuaire. À l'arrivée, le destinataire vérifie que le sceau correspond au modèle, donc que la lettre vient bien de Dupont, et qu'il est intact, donc que personne ne l'a modifiée en route.

Son avantage : le sceau voyage avec la lettre et reste valable si elle est réexpédiée. Ses limites : si un intermédiaire modifie la lettre (une liste de diffusion qui ajoute un pied de page), le sceau est brisé. Surtout, un fraudeur peut tout simplement envoyer sans sceau : seul, DKIM ne dit pas quoi faire dans ce cas.

Le détail techniquela clé DKIM et un en-tête réel commenté

Techniquement, c'est une signature électronique : une clé secrète reste sur le serveur d'envoi, et la clé publique est publiée dans le DNS, sous un nom appelé « sélecteur ».

Enregistrement TXT · google._domainkey.fhconsulting.fr (clé RSA 2048 bits, abrégée)
v=DKIM1; k=rsa; p=MIIBIjANBgkqhkiG9w0BAQEFAAOCAQ8AMIIBCgKCAQEAkkr2EOxi34jQ…IDAQAB

Pour vérifier que vos messages sont bien signés, envoyez-vous un mail vers une autre adresse, puis affichez sa source : « Afficher l'original » dans Gmail, « Afficher la source » dans Thunderbird. Le serveur de réception y inscrit le résultat de ses vérifications. Voici ce qu'a noté le serveur d'OVHcloud pour un message envoyé de fhconsulting.fr vers mon adresse personnelle :

En-tête reçu sur contact@fhalle.com · extrait
Authentication-Results: mx.mail.ovh.net;
    dkim=pass (2048-bit rsa key) header.d=fhconsulting.fr
    dmarc=pass (p=reject,sp=reject) header.from=fhconsulting.fr;
    spf=pass smtp.mailfrom=fhalle@fhconsulting.fr;
    x-tls=pass smtp.version=TLSv1.3

DKIM-Signature: v=1; a=rsa-sha256; c=relaxed/relaxed;
    d=fhconsulting.fr; s=google;
    h=subject:from:to:mime-version:date:message-id: …
    b=NN3JWLGqj9pNmsg9+FU5clpfeomZ11/+57OuB901ure2F…
  • dkim=pass : le sceau est intact, signé par fhconsulting.fr avec le sélecteur google et une clé de 2048 bits ;
  • spf=pass : le message est parti d'un serveur autorisé, ici ceux de Google ;
  • dmarc=pass : les deux correspondent au nom affiché, et le serveur a bien lu la consigne p=reject ;
  • x-tls=pass : le trajet entre Google et OVHcloud était chiffré, en TLS 1.3.

Dans la signature, h= liste les champs protégés par le sceau (objet, expéditeur, destinataire, date…) et b= est la signature elle-même.

DMARC : la consigne au guichet

SPF et DKIM fournissent des indices, mais aucun ne les relie au nom affiché que voit le destinataire, et aucun ne dit quoi faire en cas d'échec. DMARC est la consigne que Dupont publie à l'attention de toutes les messageries du monde :

« Toute lettre signée Dupont doit soit venir de l'un de nos bureaux, soit porter notre sceau intact, et ce bureau ou ce sceau doivent être les nôtres. Sinon, refusez-la. Et envoyez-moi chaque jour un rapport sur le courrier reçu en mon nom. »
Schéma de la règle DMARC : le message reçu, affiché comme venant de dupont.fr, est vérifié par SPF et par DKIM. Si au moins l'un des deux est valide et aligné sur le nom affiché, le message est délivré ; sinon, la consigne DMARC s'applique : none, quarantine ou reject.

C'est un « ou », pas un « et » : un message transféré perd souvent la preuve du bureau de poste mais garde son sceau, et passe quand même. Un fraudeur, lui, n'a ni l'un ni l'autre au nom de Dupont.

La consigne a trois niveaux :

NiveauEffetRôle
ObserverRien n'est bloquéLes rapports révèlent qui envoie en votre nom
Mettre de côtéLes messages douteux vont en indésirablesÉtape intermédiaire
RefuserLes messages douteux sont rejetésLa seule vraie protection contre l'usurpation

Les rapports sont précieux : ils révèlent les outils oubliés qui envoient au nom de l'entreprise (vieux logiciel de devis, copieur qui envoie les scans…) et les tentatives d'usurpation en cours. Ils permettent de passer au refus sans perdre de messages légitimes.

Le détail techniquel'enregistrement DMARC et l'alignement
Enregistrement TXT · _dmarc.fhconsulting.fr
v=DMARC1; p=reject; sp=reject; np=reject; psd=n; rua=mailto:dmarc-reports@fhconsulting.fr
  • p=reject : refuser les messages qui échouent (les trois niveaux s'écrivent none, quarantine et reject) ;
  • sp=reject et np=reject : même consigne pour les sous-domaines, y compris ceux qui n'existent pas, souvent oubliés par les fraudeurs… et par leurs propriétaires ;
  • rua=… : l'adresse qui reçoit les rapports quotidiens.

L'alignement, relâché ou strict ? Les balises adkim et aspf règlent la sévérité de la comparaison entre le domaine vérifié et le domaine affiché. Par défaut (r, relâché), un sous-domaine compte : news.dupont.fr est aligné avec dupont.fr. En mode strict (s), il faut une correspondance exacte. Gardez le mode par défaut : il n'enlève rien à la sécurité et évite de bloquer les outils d'envoi qui utilisent un sous-domaine.

SRS et ARC : quand le courrier fait suivre

Certains messages passent par un intermédiaire : une ancienne adresse qui redirige vers une nouvelle, une liste de diffusion, une passerelle antispam. Ces intermédiaires cassent parfois les preuves de l'expéditeur. Deux mécanismes y remédient, appliqués par les intermédiaires eux-mêmes : vous n'avez rien à configurer.

  • SRS, le concierge qui met son nom sur l'adresse de retour. Il fait suivre la lettre sous sa propre responsabilité, ce qui évite qu'elle soit prise pour une fraude en chemin.
  • ARC, l'attestation signée du concierge. Il certifie : « quand j'ai reçu cette lettre, les preuves de Dupont étaient valides ». Si ce concierge est connu et digne de confiance, le destinataire final peut faire une exception.

MTA-STS : le camion blindé

Les mécanismes précédents vérifient qui envoie. MTA-STS protège le trajet des messages que vous recevez.

Entre deux serveurs, le chiffrement est facultatif : le serveur d'envoi propose « on passe en canal sécurisé ? » et, faute de réponse, envoie en clair, sans alerte. Un attaquant placé sur le chemin peut faire croire que le chiffrement n'est pas disponible, ou détourner les messages vers un faux serveur.

Comparaison de la livraison d'un e-mail. Sans MTA-STS, un attaquant placé sur le trajet retire l'offre de chiffrement : le message passe en clair et peut être lu, copié ou modifié. Avec MTA-STS, le chiffrement et un certificat vérifié sont exigés ; sinon, le message n'est pas livré et un nouvel essai a lieu plus tard, jamais en clair.

Avec MTA-STS, la société Dupont affiche : « Livrez mon courrier uniquement à ces adresses, uniquement en camion blindé, avec une plaque d'immatriculation vérifiable. Sinon, ne livrez pas. » Le camion blindé est le chiffrement ; la plaque est le certificat du serveur. Les expéditeurs mémorisent cette consigne pendant plusieurs semaines, et envoient chaque jour un bilan des livraisons.

Le détail techniqueles enregistrements et la politique MTA-STS
Enregistrements TXT · fhconsulting.fr
# Signale qu'une politique MTA-STS existe (id = sa version)
_mta-sts.fhconsulting.fr     "v=STSv1; id=2026100801"

# Adresse qui reçoit les rapports de chiffrement (TLS-RPT)
_smtp._tls.fhconsulting.fr   "v=TLSRPTv1; rua=mailto:tls-reports@fhconsulting.fr"

La politique elle-même est un simple fichier texte, publié en HTTPS à une adresse imposée :

Fichier · mta-sts.fhconsulting.fr/.well-known/mta-sts.txt
version: STSv1
mode: testing          # observation : rapports, sans blocage
mx: *.google.com       # serveurs de réception autorisés
max_age: 604800        # consigne mémorisée une semaine

Comme pour DMARC, on commence en mode testing : les expéditeurs signalent les problèmes sans rien bloquer. Une fois les rapports TLS-RPT propres, on passe en enforce et on change l'identifiant id dans le DNS pour que tous rechargent la consigne.

Une alternative, DANE, repose sur DNSSEC. Elle est plus robuste, mais dépend de votre fournisseur de messagerie : Google ne la propose pas pour ses serveurs. Pour un domaine sous Google Workspace, MTA-STS est la solution.

DNSSEC : l'annuaire certifié

L'annuaire d'origine a le même défaut que l'e-mail : rien ne prouve qu'une réponse est authentique. Un attaquant peut glisser une fausse page dans l'annuaire consulté par un fournisseur d'accès ou un réseau Wi-Fi public, et rediriger vers lui le site ou les mails d'une entreprise.

DNSSEC ajoute un tampon officiel sur chaque page de l'annuaire. Ce tampon est garanti par l'échelon supérieur, le registre du .fr, lui-même garanti par la racine d'Internet.

Chaîne de confiance DNSSEC : la racine d'Internet garantit la clé du registre du .fr, qui garantit la clé de votre zone, dont chaque enregistrement est signé. Le résolveur qui valide remonte cette chaîne : une réponse authentique est acceptée, une réponse au faux tampon est rejetée.

DNSSEC ne cache rien, ce n'est pas du chiffrement, et il ne protège pas contre une modification faite depuis votre propre compte. Chez la plupart des registrars, dont OVHcloud, il s'active en un clic.

Le détail techniquela chaîne de confiance réelle de fhconsulting.fr
Analyse DNSViz de fhconsulting.fr : la racine, le registre du .fr puis la zone fhconsulting.fr sont reliés par une chaîne continue de clés DNSKEY et d'empreintes DS, toutes valides ; chaque enregistrement de la zone (NS, MX, A, AAAA, TXT, SOA) est signé.
La chaîne de confiance de fhconsulting.fr, de la racine (en haut) jusqu'aux enregistrements de la zone (en bas), analysée par l'outil public DNSViz le 21 octobre 2026. Tous les liens sont valides.

Chaque échelon publie ses clés (DNSKEY) et confie leur empreinte (DS) à l'échelon supérieur. Une erreur de configuration rend le domaine injoignable pour les résolveurs qui valident : lors d'un changement d'hébergeur DNS, on désactive DNSSEC d'abord, on bascule ensuite.

CAA : les serruriers agréés

Les certificats qui sécurisent votre site (le cadenas du navigateur) et votre consigne MTA-STS sont délivrés par des autorités de certification, un peu comme des serruriers qui fabriquent les clés de vos portes. Il en existe des dizaines dans le monde.

Avec un enregistrement CAA, Dupont déclare : « Seuls ces serruriers ont le droit de fabriquer des clés à mon nom. » Les autres sont tenus de refuser.

Schéma CAA : la fiche DNS de fhconsulting.fr autorise letsencrypt.org et pki.goog et interdit les certificats joker. Let's Encrypt et Google Trust Services, autorisées, émettent le certificat ; toute autre autorité, non listée, refuse d'émettre.

Côté visiteur, le résultat se voit en cliquant sur le cadenas de la barre d'adresse : la connexion est chiffrée et le certificat valide, quel que soit le navigateur.

Chrome : fenêtre Sécurité de fhconsulting.fr, la connexion est sécurisée, certificat valide. Edge : fenêtre Sécurité de www.fhconsulting.fr, la connexion est sécurisée, le certificat est valide. Brave : fenêtre Sécurité de fhconsulting.fr, la connexion est sécurisée, certificat valide.
La connexion sécurisée de www.fhconsulting.fr dans Chrome, Edge et Brave.
Le détail techniqueles enregistrements CAA de fhconsulting.fr
Enregistrements CAA · fhconsulting.fr
fhconsulting.fr.  CAA  0 issue "letsencrypt.org"
fhconsulting.fr.  CAA  0 issue "pki.goog"
fhconsulting.fr.  CAA  0 issuewild ";"
fhconsulting.fr.  CAA  0 iodef "mailto:fhalle@fhconsulting.fr"

Deux autorités sont autorisées : Let's Encrypt pour le site hébergé chez OVHcloud, Google Trust Services pour les pages hébergées chez Google. La troisième ligne interdit tout certificat « joker », valable pour n'importe quel sous-domaine ; la dernière indique où signaler une demande refusée. Un clic sur « Certificat valide » dans le navigateur affiche l'émetteur, ici Let's Encrypt.

Avant de publier un CAA, vérifiez quelles autorités émettent réellement vos certificats (par exemple sur crt.sh) : un oubli bloquerait leur renouvellement.

Le compte registrar, socle de tout

La personne qui se connecte à votre compte chez votre registrar (OVHcloud, Gandi, IONOS…) peut tout modifier : SPF, clés DKIM, DMARC, serveurs de messagerie. Ses modifications seraient parfaitement authentiques, tampon DNSSEC compris. Pour une petite entreprise, c'est le risque le plus réaliste.

Empilement des protections : en haut, l'émission (SPF, DKIM, DMARC) et la réception (MX, MTA-STS, TLS-RPT) ; en dessous, CAA et une zone sans enregistrement orphelin ; puis DNSSEC ; et à la base, le compte chez le registrar, avec double authentification, adresse de secours et renouvellement automatique.
  • Double authentification sur le compte ;
  • mot de passe unique, rangé dans un gestionnaire de mots de passe ;
  • adresse de secours du compte sur un autre domaine : sinon, perdre le domaine fait perdre la boîte qui permet de récupérer le compte ;
  • renouvellement automatique du domaine, pour qu'il ne puisse pas expirer et être racheté ;
  • verrouillage de transfert activé.

Toutes les doubles authentifications ne se valent pas : un code par SMS vaut mieux que rien, une clé de sécurité résiste même à l'hameçonnage. J'y consacrerai un article dédié.

Niveaux de double authentification, du plus faible au plus robuste : mot de passe seul, à proscrire ; code par SMS, mieux que rien ; application d'authentification, bon niveau ; clé de sécurité ou passkey, qui résiste à l'hameçonnage.

En résumé, et par où commencer

ProtectionEn une imageCe qu'elle protège
SPFLes bureaux de poste autorisésD'où vos mails ont le droit de partir
DKIMLe sceau de cireL'authenticité et l'intégrité du message
DMARCLa consigne au guichet, et les rapportsVotre nom ne peut plus être usurpé
SRS, ARCLe concierge qui fait suivreLes messages transférés (côté intermédiaires)
MTA-STS, TLS-RPTLe camion blindéLe trajet chiffré des mails que vous recevez
DNSSECLe tampon sur l'annuaireL'authenticité de toutes vos consignes
CAALes serruriers agréésVos certificats
Compte registrarLe cadenas de la ficheQue personne ne modifie votre annuaire

Les idées reçues à oublier :

  • « J'ai un SPF, je suis protégé. » Non : sans DMARC en refus, un fraudeur peut toujours afficher votre nom.
  • « DMARC en observation suffit. » C'est une étape ; seul reject bloque l'usurpation.
  • « Ça concerne les grandes entreprises. » Les petites structures sont des cibles privilégiées, justement parce qu'elles sont rarement protégées. Mon étude sur 91 domaines de TPE en donne la mesure : 87 % étaient usurpables. Même les professionnels du numérique ne sont pas épargnés : 3 sur 4 ne protègent pas leur propre messagerie.
  • « Mon domaine n'envoie pas de mails, rien à faire. » Au contraire : un domaine non protégé est idéal pour un fraudeur. Il lui faut un SPF vide (v=spf1 -all) et un DMARC en refus.
  1. Sécuriser le compte registrar : double authentification, adresse de secours, renouvellement automatique.
  2. Configurer SPF et DKIM pour tous les outils qui envoient au nom de l'entreprise.
  3. Publier DMARC avec rapports, l'observer quelques semaines, puis passer en quarantine et enfin en reject.
  4. Activer DNSSEC, souvent en un clic chez le registrar.
  5. Publier un CAA listant les autorités réellement utilisées.
  6. Mettre en place MTA-STS et TLS-RPT pour protéger les messages entrants.

Questions fréquentes

DMARC est-il obligatoire ?

Aucune loi ne l'impose nommément aux entreprises françaises. Mais le RGPD exige une sécurité « adaptée au risque », compte tenu de l'état des connaissances : une protection gratuite et largement recommandée en fait partie. Surtout, les grandes messageries l'exigent désormais des expéditeurs importants, et favorisent les domaines qui le publient.

Que demandent Google, Yahoo et Microsoft ?

Depuis février 2024, Gmail et Yahoo demandent aux expéditeurs de plus de 5 000 messages par jour de publier SPF, DKIM et une politique DMARC, au minimum en p=none, avec un alignement correct ; Gmail applique ces règles avec davantage de rigueur depuis novembre 2025, jusqu'au rejet des messages non conformes. Microsoft impose les mêmes exigences depuis le 5 mai 2025 pour les envois volumineux vers Outlook.com, Hotmail et Live. Les plus petits expéditeurs doivent au moins publier SPF ou DKIM.

Combien de temps pour passer en reject ?

Comptez généralement quelques semaines. On commence en p=none avec une adresse de rapports, on recense et corrige tous les outils légitimes qui envoient en votre nom, puis on passe en quarantine, et enfin en reject quand les rapports ne montrent plus que des envois conformes ou frauduleux.

Mon domaine n'envoie aucun mail, suis-je concerné ?

Oui, et c'est même une cible de choix, puisque personne ne surveille ce qui part en son nom. Publiez un SPF vide (v=spf1 -all) et un DMARC en refus (v=DMARC1; p=reject;). Sur fhconsulting.fr, le sous-domaine mta-sts, qui n'envoie ni ne reçoit de courrier, est ainsi protégé par un SPF vide et un MX nul.

Ces réglages peuvent-ils bloquer mes propres mails ?

Oui, s'ils sont publiés trop vite. Un outil d'envoi oublié dans le SPF, ou non configuré en DKIM, verra ses messages refusés dès que DMARC passe en reject. C'est tout l'intérêt de la phase d'observation et des rapports : on ne durcit qu'une fois l'inventaire terminé.

Comment savoir où en est mon domaine ?

Mon test de messagerie analyse gratuitement les enregistrements publics de votre domaine. Pour un audit complet et un accompagnement jusqu'au reject, prenez rendez-vous : le premier échange de 20 minutes est offert.

Votre domaine est-il protégé ?

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Sources et références : IT-Connect, exigences de Microsoft pour Outlook.com (2025) · Red Sift, application renforcée des règles Gmail (2025) · enregistrements DNS publics de fhconsulting.fr relevés en octobre 2026.